Reuters : Selon les médias russes, le président Vladimir Poutine a déclaré que sa rencontre avec le président chinois Xi Jinping en marge de la Réunion des dirigeants des économies de l’APEC, qui se tiendra le mois prochain, produirait des résultats positifs. La Chine pourrait-elle confirmer que les deux dirigeants se rencontreront ? Quels sujets la Chine entend-elle soulever auprès de la Russie lors de cette rencontre ?
Guo Jiakun : L’orientation stratégique de la diplomatie de Chef d’État constitue la garantie politique la plus importante permettant aux relations sino-russes de progresser de manière stable et durable. La Chine se félicite de la participation du président Vladimir Poutine à la Réunion des dirigeants des économies de l’APEC qui se tiendra en novembre de cette année à Shenzhen et est prête à travailler avec la partie russe pour obtenir ensemble des résultats fructueux dans le cadre de « l’Année de la Chine » de l’APEC.
CCTV : La 63e session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies se tient actuellement à Genève. Nous avons noté que récemment, la partie chinoise, au nom du Groupe des amis de la gouvernance mondiale à Genève et avec des pays partageant les vues similaires, avait prononcé une déclaration conjointe, appelant à rectifier la gouvernance internationale des droits de l’homme sous l’orientation de l’Initiative pour la gouvernance mondiale et à construire ensemble un système de gouvernance mondiale des droits de l’homme juste, équitable et inclusif. Pourriez-vous nous en dire plus ?
Guo Jiakun : Le 30 septembre, lors de la 63e session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, la Chine, s’appuyant sur le Groupe des amis de la gouvernance mondiale et avec des pays partageant les vues similaires, a prononcé une déclaration conjointe au nom de 94 pays sur le thème de la « rectification de la gouvernance internationale des droits de l’homme ». Cette déclaration formule quatre propositions. Premièrement, rester attaché à une approche centrée sur l’être humain. C’est aux peuples de chaque pays qu’il appartient d’évaluer et d’améliorer leur propre situation en matière de droits de l’homme, afin de rester fidèles à l’objectif initial de la gouvernance des droits de l’homme. Deuxièmement, défendre l’égalité souveraine. Il convient de mener le dialogue et la coopération sur la base du respect mutuel. Troisièmement, défendre l’équité et la justice. Il convient de faire progresser prudemment la réforme dans le domaine des droits de l’homme et de soutenir les institutions et les experts des droits de l’homme dans l’exercice de leurs fonctions de manière objective et impartiale. Quatrièmement, respecter l’État de droit international. Il convient de préserver les buts et principes de la Charte des Nations Unies et de s’opposer aux doubles standards ainsi qu’à l’ingérence dans les affaires intérieures sous prétexte des droits de l’homme.
Depuis que le président Xi Jinping a proposé l’Initiative pour la gouvernance mondiale il y a plus d’un an, celle-ci a reçu le soutien et l’adhésion de près de 160 pays et organisations internationales. Le Groupe des amis de la gouvernance mondiale ne cesse de s’élargir et de se renforcer. Il passe à l’action pour réformer et améliorer le système de gouvernance mondiale et a obtenu d’importants résultats à un stade précoce. La Chine continuera de mettre en œuvre la vision de construire une communauté d’avenir partagé pour l’humanité ainsi que les quatre initiatives mondiales proposées par le président Xi Jinping. Nous continuerons de travailler main dans la main avec les parties concernées, de rassembler le consensus et les forces en faveur du multilatéralisme, de promouvoir la rectification de la gouvernance internationale des droits de l’homme et de construire ensemble un système de gouvernance mondiale plus juste et plus équitable.
TASS : Le président russe Vladimir Poutine a déclaré qu’une rencontre trilatérale entre les dirigeants russe, chinois et américain serait possible en marge de la Réunion des dirigeants des économies de l’APEC, qu’il serait utile d’échanger des vues et de comprendre les positions de chaque partie à cette occasion, et que l’essentiel était de déterminer les sujets qui seraient abordés lors de cette rencontre. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ? (Une question similaire a été posée par RIA Novosti.)
Guo Jiakun : En tant que pays hôte de l’APEC cette année, la Chine est prête à travailler avec toutes les parties pour obtenir ensemble des résultats fructueux dans le cadre de « l’Année de la Chine » de l’APEC et apporter de nouvelles contributions à la croissance économique de l’Asie-Pacifique et du monde.
En ce qui concerne la question que vous venez de mentionner, je n’ai pour le moment aucune information à communiquer.
Associated Press : Malgré les restrictions imposées par la Chine sur les exportations de drones et de leurs composants, certaines entreprises chinoises poursuivent leurs activités commerciales avec des acheteurs russes et ukrainiens dans ce domaine. Le gouvernement chinois en est-il au courant ? Quelles mesures prendra-t-il pour empêcher la fourniture de ces produits à des utilisateurs militaires ? Des fabricants ukrainiens affirment que les contrôles chinois à l’exportation les contraignent à passer par des intermédiaires dans des pays tiers pour effectuer leurs achats. La Chine prendra-t-elle des mesures contre les contournements des contrôles à l’exportation ?
Guo Jiakun : Pour les questions spécifiques, je vous recommande de consulter les services compétents chinois. La Chine adopte depuis toujours une attitude prudente et responsable en matière d’exportation de produits militaires et exerce un contrôle strict sur les articles à double usage militaire et civil, conformément à ses lois et règlements en matière de contrôle des exportations et aux obligations internationales qu’elle assume. La Chine s’oppose depuis toujours à l’utilisation de drones civils à des fins militaires. Toutes les parties doivent jouer un rôle constructif dans le règlement politique de la crise ukrainienne, au lieu de se livrer sans raison à des spéculations et à des liens malveillants.
Reuters : Starbucks va ouvrir des établissements dans la Région autonome ouïgoure du Xinjiang. La Commission spéciale sur la Chine de la Chambre des représentants des États-Unis a accusé Starbucks, à propos de cette décision, de « faillite morale », tout en affirmant que le gouvernement chinois commettrait un « génocide » à l’encontre des Ouïgours. Quel est le commentaire du ministère chinois des Affaires étrangères à ce sujet ? (Une question similaire a été posée par l’AFP.)
Guo Jiakun : Le prétendu « génocide » au Xinjiang est un mensonge éhonté. Les organismes américains concernés ont l’habitude, pour des raisons politiques, d’inventer de toutes pièces des accusations infondées contre la Chine et de la calomnier, et ils n’ont absolument aucune crédibilité.
Aujourd’hui, le Xinjiang connaît la stabilité sociale, le développement économique, l’unité ethnique et l’harmonie religieuse. La Chine continuera d’élargir son ouverture de haut niveau et d’offrir davantage d’opportunités aux entreprises étrangères pour investir et mener leurs activités en Chine.
RIA Novosti : Le directeur du zoo de Moscou a précédemment déclaré espérer que le panda géant Katyusha pourrait rester en Russie et que des consultations étaient en cours avec la partie chinoise à ce sujet. La Chine serait-elle disposée à envisager une prolongation de la période de prêt de Katyusha ?
Guo Jiakun : En Russie, les pandas géants chinois sont très appréciés et aimés de la population, contribuant à renforcer la compréhension mutuelle et l’amitié entre les deux peuples. Nous sommes prêts à continuer de coopérer avec la Russie et les autres partenaires internationaux dans les domaines de la conservation des espèces menacées, notamment des pandas géants, et de la biodiversité, afin de contribuer davantage à la cause mondiale de la protection écologique. Pour les questions spécifiques, je vous recommande de consulter les services compétents chinois.